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Les tandems éternels : Quand cinéastes et compositeurs font équipe

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Les tandems éternels : Quand cinéastes et compositeurs font équipe

Ce sont des couples de cinéma un peu particuliers. Souvent fidèles dès leur première rencontre, à l’instar de Sergio Leone et d' Ennio Morricone , d’autres fois volages dans les cas de Bernard Herrmann ou d' Hans Zimmer , une chose est sûre, lorsque l’alchimie prend entre un cinéaste et son compositeur, une belle histoire voit le jour. Et de belles histoires il y en a eu. Nées de longues discussions, précédant quelques fois le tournage d’un film, accompagnant l’intégralité d’une saga, les bandes-originales ne portent pas leur nom par hasard. Valeurs ajoutées d’un long-métrage, elles mènent la narration à la baguette, jusqu’ à se fondre parfois totalement dans le décor d’une odyssée spatio-temporelle , d’une saga épique , d’un western spaghetti ou encore d’un thriller vertigineux. Retour sur cinq tandems éternels qui ont ébloui nos yeux de spectateurs tout en faisant vibrer nos oreilles. En avant la musique !

La paranoïa mélodieuse de Bernard Herrmann

Au milieu du XXème siècle, alors que Bernard Herrmann n’a jamais collaboré plus de deux fois avec un même réalisateur (Orson Welles, Joseph L. Mankiewicz, Robert Wise…), il fait la rencontre d' Alfred Hitchcock , qui le convoitait depuis déjà un petit moment. Nous sommes en 1955 et Herrmann signe Mais qui a tué Harry ? , sa première bande-originale pour le maître du suspense. S’en suivront sept autres longs-métrages jusqu’en 1966, dont Les Oiseaux , un film particulier pour le tandem puisqu’il ne comporte aucune musique, pas même les cris des oiseaux meurtriers : « Pour bien décrire un bruit, il faut imaginer ce que donnerait son équivalent en dialogue. Je voulais obtenir dans la mansarde un son qui signifierait la même chose que si les oiseaux disaient à Mélanie: « Maintenant nous vous tenons. Et nous arrivons sur vous. Nous n'avons pas besoin de pousser des cris de triomphe, nous n'avons pas besoin de nous mettre en colère, nous allons commettre un meurtre silencieux. » s’expliquera le cinéaste. Contraint par des budgets souvent serrés, le compositeur et sa paranoïa mélodieuse auront de nombreuses fois recours aux cordes. Cordes qui resteront dans les annales, notamment celles du violon lors de la scène du crime sous la douche dans Psychose (1959). À l’origine, Hitchcock souhaitait une scène silencieuse mais s’est finalement laissé convaincre par les coups d’archets pincés proposés par Herrmann. À l’arrivée, le film a rencontré un tel succès qu’Hitchcock a doublé le salaire de son superviseur musical (34, 501$).

À la conquête de l’Ouest avec Ennio Morricone

Il était une fois en Amérique

Alors qu’Hitchcock est au sommet de son art, un autre duo voit le jour sur nos écrans. Ayant fréquenté sans le savoir la même école primaire pour garçons de Trastevere, un quartier populaire de Rome, Sergio Leone et Ennio Morricone débutent leur collaboration en 1964, à l’occasion du western Pour une poignée de dollars. En utilisant des guitares électriques en plein Far West , le maestro réinvente le genre. Ses sons atypiques pour une musique de western (sifflements, sons de cloches, chœurs) vont alors marquer à tout jamais l’identité des films du Romain. Leur collaboration véhémente durera dix ans , ponctuée par des chefs d’œuvre du septième art (Et pour quelques dollars de plus, Le bon, la brute et le truand, Il était une fois dans l’Ouest). Les deux hommes conquièrent l’Ouest et se comprennent comme personne, si bien que Morricone, que Leone appelle son « scénariste », enregistrera l’intégralité de la bande originale d' Il était une fois en Amérique , avant même que le cinéaste ne débute le tournage :

« Sergio Leone avait commencé par me raconter le film. J’y ai réfléchi, puis j’ai écrit la musique, que j’ai ensuite fait écouter à Sergio. Comme il a aimé, je l’ai enregistrée avant qu’il donne le premier clap. Je ne sais pas dans quelle mesure ma musique, pour laquelle Sergio avait beaucoup de respect, a influencé l’ensemble mais, d’après ce qu’on m’a dit, Nino Baragli, le monteur, a fait attention à suivre le rythme de mes morceaux. »

La fantaisie macabre de Danny Elfmann

Difficile de parler de partenaires de talent sans évoquer le duo formé par Danny Elfman et Tim Burton. À l’instar de John Williams et de Steven Spielberg, la musique du premier ne peut se dissocier des films du second. Et cela fait 30 ans que ça dure entre les deux inséparables ! C’est en 1985 que les deux hommes se rencontrent. Alors qu’Elfman chante et joue au sein du groupe Oingo Bingo, le maître de l’étrange prépare son premier long-métrage, Pee-Wee Big Adventure , pour lequel il fait appel à la fantaisie macabre du rockeur : « Avant de travailler pour le cinéma, j’allais les voir dans les clubs. J’ai toujours aimé leur musique. De tous les groupes que j’allais voir– des groupes punks essentiellement - c’est eux qui semblaient composer la musique la plus narrative et la plus cinétique. » Les comparses travailleront entre autres sur Batman , pour qui le maestro remportera le Grammy Award de la meilleure composition instrumentale, Edward aux mains d’argent , Charlie et la chocolaterie ou encore Beetlejuice.

La transcendance musicale d’Hans Zimmer

Savoir lire entre les lignes, faire marcher son imagination… parfois les compositeurs n’ont même pas accès à des bribes d’images du futur film, encore moins à des prémices de dialogues pour travailler leurs thèmes musicaux. Dans ces conditions, pas simple de livrer un premier jet au réalisateur qui leur a fait confiance. Mais c’est sans compter sur Hans Zimmer. Depuis 2005, cet ovni biberonné à la musique électronique collabore avec le réalisateur britannique Christopher Nolan , notamment sur la trilogie du chevalier noir et sur le prodigieux Inception. L’une de ses dernières prouesses se nomme Interstellar (2014) . Pour cette odyssée spatio-temporelle, Nolan s’est contenté d’envoyer une lettre à Zimmer, plus d’un an avant le tournage du film. À l’intérieur, une fable mélancolique sur un père et son fils. A partir de cette histoire, Hans Zimmer a composé la musique en pensant à son fils et décrit son travail comme une lettre d’amour musicale à son enfant.

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