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Sam Peckinpah à l’honneur dans la capitale

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Cinéaste au style aussi tranchant qu’inimitable, Sam Peckinpah a laissé son empreinte sur le Septième Art. En signant des films à la violence assumée et dont le ton anticonformiste dérangeait autant qu’il fascinait, il s’est forgé une réputation de réalisateur sans concession. Entretenant son image d’éternel insoumis en laissant courir la rumeur selon laquelle il avait des origines amérindiennes, celui qui filmait le Far West comme personne, reste l’apache d’Hollywood aux yeux des puristes. Courte mais intense, sa filmographie est le reflet de sa vie. Bien qu’il ait réalisé moins d’une trentaine de films, Peckinpah est parvenu à imposer son style puissant et marginal auprès du grand public, qui ne se lasse pas de redécouvrir ses pépites aujourd’hui, grâce aux nombreux hommages qui lui sont consacrés. Après s’être illustré au line-up de Locarno avec une rétrospective de ses meilleurs longs métrages, le metteur en scène sera à l’honneur à Paris. Au programme des réjouissances : une rétrospective à la Cinémathèque française et la ressortie de Guet-apens à la Filmothèque du Quartier Latin. Focus.

Sam Peckinpah, sans concession

Bandana sur la tête et regard perçant, Sam Peckinpah ne passait pas inaperçu dans le paysage cinématographique américain. Dès le début des années 1960, il donne un coup dans la fourmilière hollywoodienne en réalisant Coups de feu dans la Sierra (1962), un second film qui montre qu’en dépit de son peu d’expérience Peckinpah a déjà tout d’un grand. Passionné de western, il aime autant ce genre pour sa brutalité que pour le plaisir qu’il a à détourner l’archétype du valeureux cowboy qu’ont souvent incarné John Wayne ou Eastwood. Devant sa caméra, il n’y a pas de cowboy sur son cheval blanc mais plutôt des hordes sauvages, comme celle qui donne son titre au chef-d’œuvre qu’il signe en 1969.

« En démolissant pierre par pierre la légende de l’Ouest véhiculée par le western classique, les premiers films de Peckinpah préfigurent l’élan libertaire qui frappera de plein fouet l’industrie hollywoodienne et deviendra, moins d’une décennie plus tard, le Nouvel Hollywood » (Les Inrocks).

À la fois aux manettes de la mise en scène et du scénario – écrit avec la complicité de Walon Green et Roy N. Sickner – Peckinpah réunit une brochette de 'gueules de cinéma' pour porter le film badass qu’il a en tête. Ernest Borgnine, William Holden, Robert Ryan, Edmond O'Brien et Warren Oates donnent ainsi un cachet authentique au casting, en plus de trancher pour de bon avec les westerns patriotiques d’antan. Le résultat est sans appel : La Horde sauvage devient un classique. Désormais, le western se conjugue à la sauce Peckinpah mais, déjà, le réalisateur a d’autres projets non moins percutants.

Le tournant

Après avoir clôt sa première série de westerns sur Un nommé Cable Hogue (1970), il explore le registre du thriller dramatique avec Les Chiens de paille (1971) ; portrait au vitriol de l’Amérique des laissés pour compte, emmené par un Dustin Hoffman au sommet de son art. Accroissant le suspense d’un cran supplémentaire avec Guet-apens (1972), Sam Peckinpah prouve qu’il est dans son élément au rayon du polar. Modèle du genre, ce film fait la part belle à un tandem de choc et de charme : Steve McQueen et Ali MacGraw . En réunissant l’icône du cool et la star de Love Story (1970) en têtes d’affiche, le réalisateur se dote de précieux atouts et frappe fort.

À sa sortie de prison, Carter 'Doc' McCoy (Steve McQueen) comprend que la vie hors des murs de son pénitencier n’est pas moins dangereuse que son ancienne vie de détenu. Libéré grâce à Jack Benyon – alias Ben Johnson, dont c’est la quatrième collaboration avec Peckinpah – il va toutefois devoir se méfier de ce bon samaritain. Tandis que Benyon prétendait l’aider en échange de ses services de braqueur chevronné, Doc s’aperçoit qu’il joue double-jeu et qu’un contrat pèse sur sa tête… Après un face-à-face houleux, la femme de Doc (Ali MacGraw) tire sur Benyon. Le couple, en fuite avec le butin du braquage, fait alors route vers le Mexique tout en étant forcé de redoubler de ruse et de courage pour échapper aux représailles.

Intitulé The Gateway en VO, ce film est à retrouver dans le cadre de la rétrospective que la Cinémathèque française consacre à Sam Peckinpah jusqu’au 11 octobre, ainsi qu’à la Filmothèque du Quartier Latin , où il sera projeté en version numérique pour la première fois en salles à partir du 16 septembre. À vos agendas !

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