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La Captive aux yeux clairs : Le western hawksien a 65 ans

Bien que Le Grand sommeil (1946) et L’Impossible Monsieur Bébé (1938) brillent à la filmographie d’Howard Hawks , le cinéaste ne s’est pas restreint aux registres du film noir et de la comédie. En 1952, il signe un western préfigurant celui qu’il offrira à John Wayne sept ans plus tard ( Rio Bravo , 1959), en réalisant La Captive aux yeux clairs . Intitulé The Big Sky en VO, ce long métrage rend hommage aux États-Unis du début du XIXe siècle, territoire encore en proie aux conquêtes. Retour sur un classique qui gagne à être revu, 65 ans après sa sortie . Disponible en DVD en cliquant ici .

Le trappeur Kirk Douglas éclipse Elizabeth Threatt

Aujourd’hui centenaire, Kirk Douglas était encore assez novice quand il a endossé le rôle principal de La Captive aux yeux clairs . Fraîchement nommé aux Oscars® pour Le Champion , il n’avait pas encore revêtu l’uniforme des Sentiers de la gloire de Kubrick, mais tournait déjà avec les grands. Hawks en fait partie car, en ce début d’années 1950, le réalisateur n’a plus à faire ses preuves à Hollywood. Quand on ajoute Elizabeth Threatt à l’équation, on tient la belle affiche de La Captive aux yeux clairs .

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La jeune femme qui joue la princesse indienne du rôle-titre n’aura jamais la notoriété d’une Natalie Wood ou d’une Claudia Cardinale et pour cause : son parcours se résume à ce seul film. Surnommée « la Phantom Lady », Elizabeth Threatt avait été repérée en photo par Howard Hawks ; obsédé par l’idée de révéler une inconnue pour la façonner et en faire sa muse. Une success story identique à celle de Lauren Bacall mais résolument plus éphémère. Non sans rappeler le parcours maudit de Sean Young ( Blade Runner ), celui d’Elizabeth Threatt fait de l’interprète de Teal Eye une figure rare et précieuse.

D’après l’œuvre d’A. B. Guthrie Jr

Centré sur le triangle amoureux qui se joue entre nos deux héros et Dewey Martin (trappeur lui aussi), le scénario est adapté du livre éponyme d’A. B. Guthrie Jr . Une version cinématographique qui ne reprend que le début de l’ouvrage originel, selon la volonté de Dudley Nichols , avec qui Hawks collabore pour la seconde fois. Recruté par Howard Hughes, ce dernier s’était rodé au western avec La Rivière rouge . Toutefois, ce genre est surtout prétexte à explorer une veine sentimentale où plane l’ombre de la femme fatale si chère au cinéaste.

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Lancés dans une expédition entre le Missouri et le Montana , le duo d’aventuriers qui se dispute les faveurs de la belle Indienne porte l’action, en donnant à voir une réalité historique qui nous replonge dans l’Amérique de 1832 . Hawks prend le temps de planter ce décor et de dérouler le fil de son intrigue en tissant l’arc narratif des protagonistes. « Nous assistons à un western lent, majestueux, serein et unique en son genre, un film d’une grande nouveauté », souligne DVDClassik , précisant que la copie a été amputée de 12 minutes pour séduire un large public en raison d’un timide démarrage. « La version initiale disparaîtra de la circulation jusqu’à nous être restituée en DVD », note le site spécialisé. Une chance pour la jeune génération et les cinéphiles de toujours.

Redécouvrez La Captive aux yeux clairs en cliquant ici .

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