TOUT WARNER BROS.

Avec les comédies musicales, tout le monde chante La La La…

Chantante, dansante, virevoltante et émouvante, la comédie musicale donne le la à la cinéphilie . De son âge d’or à aujourd’hui, elle n’a cessé de se réinventer et d’entraîner des générations de spectateurs dans ses mélodies enchantées. Plus d’actualité que jamais, ce registre se redécouvre à travers un panorama non-exhaustif de pépites allant des premiers temps aux dernières sorties en date.

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Fred Astaire & Ginger Rogers, duo éternel

Impossible d’évoquer la comédie musicale sans penser à son duo d’ambassadeurs le plus mythique, Fred Astaire et Ginger Rogers. S’ils ont d’abord eu du mal à accorder leurs pas, en raison de leur expérience inégale, la foisonnante collaboration du tandem a permis à ces artistes complets de progressivement se mettre au diapason. Forts d’avoir partagé l’affiche d’une dizaine de films, de 1933 à 1949 , ils ont cristallisé l’image du couple de screwball comedy : parfois maladroit, positif dans l’adversité, et toujours prêt à se sortir d’une situation embarrassante en chantant.

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Un schéma qu’on retrouve dans leur filmographie commune : Carioca, La Joyeuse Divorcée, Roberta, Le Danseur du dessus , En suivant la flotte, Sur les ailes de la danse, L'Entreprenant Monsieur Petrov, Amanda, La Grande Farandole et, enfin, Entrons dans la danse . Fait méconnu, avant de porter la comédie musicale à son apogée, les deux danseurs-interprètes s’étaient déjà croisés sur les planches de Broadway en 1930. Leur destin s’écrira sur grand écran, au gré d’entrechats nés de l’imagination d’Hermes Pan (leur chorégraphe attitré) et sous la direction de Mark Sandrich , cinéaste fétiche du couple.

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Les incontournables

On ne danse pas seulement en duo dans les comédies musicales et c’est dans une dynamique chorale que Gene Kelly en apporte la preuve. Au début des années 1950, il prend la relève d’un Fred Astaire avec qui il est ami, en s’illustrant au générique d’Un Américain à Paris . Le danseur au style inimitable fait état de son talent grâce à des enchaînements acrobatiques, des figures dont il a le secret et des numéros de chant qui font de ce film de Vincente Minnelli un classique. Dans la foulée, Kelly choisit de danser en trio avec Donald O'Connor et la regrettée Debbie Reynolds dans Chantons sous la pluie (1952), qu’il coréalise avec Stanley Donen .

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Film hommage aux prémices balbutiants du parlant (sans lequel la comédie musicale n’existerait pas), Chantons sous la pluie donne des couleurs à ce registre, dans la veine du précurseur du genre, Le Magicien d’Oz (1939) succès triomphal de Technicolor. Quand Dorothy ( Judy Garland ), petite orpheline du Kansas, atterrit au pays d’Oz, on n’a qu’une envie : la suivre le long de la fameuse route de briques jaunes de la chanson éponyme. Auparavant, Busby Berkeley et ses chorégraphies pharaoniques avaient ouvert la voie de la comédie musicale à grand spectacle. Triplement cité aux Oscars®, le chorégraphe de Chercheuses d'or de 1935 a vu ses séquences cultes magnifiées par des plongées et travellings époustouflants.

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Le revival des années 2000

Durant son âge d’or, la comédie musicale était d’abord une affaire de spécialistes, aux mains des Minnelli, Fleming et autres Sandrich. Dernièrement, des réalisateurs dont ce n’était pas le terrain de prédilection s’y sont brillamment essayés, à l’instar de Tim Burton en 2007 avec Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street . Fidèle à ses habitudes, il insuffle une délicieuse noirceur à la mise en scène et confie le rôle-titre à Johnny Depp . Ce dernier adopte un phrasé redoutablement efficace dans les dialogues parlés et donne de la voix pour interpréter lui-même les chansons baroques de la BO. Faisant tomber les précédentes versions dans l’oubli, Burton montre qu’il peut faire un film qui lui ressemble et qui sorte des sentiers battus.

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On connaît Clint Eastwood acteur et cinéaste mais on oublie qu’il est aussi un mélomane de la première heure. Sur sa platine, on a de grande chance de trouver un album des Four Seasons , boys band emmené par Frankie Valli auquel il a consacré le biopic Jersey Boys (2014), adapté de Broadway. Une « aventure rock'n'roll avec un sens formidablement moelleux du vintage », souligne Le Figaroscope . Mais le véritable évènement musical des années 2000 est signé par un Frenchie . Avec The Artist (2011), Michel Hazanavicius concrétise un rêve de cinéphile en mettant en scène un long métrage noir et blanc, muet et filmé en 22 images par seconde. Un projet fou pour certains, une folie contagieuse pour tous les autres ! À la clé, un déluge de récompenses, dont un prix d’interprétation cannois pour un Jean Dujardin maestro des claquettes et 5 Oscars®, 7 BAFTA® et 3 Golden Globes® .

La comédie musicale a de beaux jours devant elle avec le coffret DVD 10 films , disponible en cliquant ici .

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