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Le Trésor de la Sierra Madre, joyau de Huston

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Le Trésor de la Sierra Madre, joyau de Huston

Troisième des six films que John Huston et Humphrey Bogart tourneront ensemble, Le Trésor de la Sierra Madre (1948) est un long métrage qui dresse un pont entre le style de ces éternels complices. Fort de la maîtrise du metteur en scène et de la charismatique nonchalance de son interprète principal, il est ancré dans l’histoire hollywoodienne. Adaptation du roman éponyme de B. Traven , paru une vingtaine d’années plus tôt, ce film livre un instantané sans concession du Mexique des années 1920. Près d’un siècle nous sépare de cette époque et pourtant cette « œuvre maîtresse » ( Positif ) qui a inspiré la saga Indiana Jones n’a rien perdu de sa résonnance actuelle. Focus, à l’occasion de son édition dans le coffret DVD Blu-ray™ John Huston . Disponible en cliquant ici.

Reflets dans une pépite d’or

Années Folles en France, Roaring Twenties aux États-Unis… La décennie 1920 promet beaucoup d’amusement des deux côtés de l’Atlantique. Au Mexique les dorures ne sont pas sur les robes charleston, mais dans la tête de desperados d’un nouveau genre, désireux de faire fortune quoi qu’il leur en coûte. C’est dans ce contexte postrévolutionnaire fragile qu’un duo d’Américains expatriés sans le sou va faire la connaissance d’un chercheur d’or vieillissant ('Old Timer' Howard, alias Walter Huston). Dobbs (Humphrey Bogart) et Curtin (Tim Holt) le suivent dans la Sierra Madre, chaîne montagneuse qui donne son titre au fil. Ses vertigineux sommets pouvant atteindre 3.000 m donnent, eux, des sueurs froides à nos apprentis baroudeurs ! Surtout quand des gringos confirmés tentent de les destituer du filon qu’ils viennent d’extraire.

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« Porté par des dialogues abondants et d'une rare intelligence, Le Trésor de la Sierra Madre est une farce pittoresque et tragique, en décors âpres » (Télérama)

Pour les amateurs de cocktails, le Tampico est une boisson à base de liqueur et jus de citron. Pour nos trois anti-héros, c’est une ville non moins corsée au nord de Veracruz. Décor de la fable désenchantée et paranoïaque que Huston livre du rêve américain, Tampico devient le théâtre de la soif de l’or, révélatrice de la nature profonde de chacun. Dans la veine de la mutation de l’or qu’on fait fondre, l’alchimie de Dobbs, Curtin et Howard va être mise à rude épreuve. On pense que trouver le bon filon est le plus dur, l’expérience des infortunés compères de la Sierra Madre prouve que le garder est encore plus difficile. « Le Trésor de la Sierra Madre est le film où John Huston commença à creuser son grand filon, son thème obsessionnel : l'échec et l'ironie de l'échec », rappelle Télérama .

3 Oscars® et beaucoup de mystères

Triplement oscarisé, le film s’est distingué dans les catégories meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté et meilleur second rôle masculin pour Walter Huston , qui décroche l’unique statuette de sa carrière. Une consécration pour cet ancien ingénieur à qui l'histoire du cinéma doit beaucoup, à commencer par son fils John. Quoi de mieux pour lui que d’offrir à son père de finir sa carrière avec les louanges de l’Académie ? Comme souvent, le cinéaste s’offre un caméo et les plus attentifs le reconnaîtront en costume blanc, dans un plan de rue où Dobbs lui fait l’aumône. Abonné aux westerns, Holt troque quant à lui son Colt contre un look d’aventurier qui lui sied comme un gant. Pour l’anecdote, son père, Jack Holt, est également de la partie avec un rôle discret. N’ayant qu’un Golden Boot Award à son palmarès, Tim Holt livre une prestation sublimant celle de ses co-équipiers et en particulier d’un Bogart déjà consacré par Casablanca et ses polars à succès. Enfin, John Huston récolte ses 2 Oscars® en signant « un classique du cinéma américain dans ce qu'il possède de meilleur » pour L’Humanité .

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Aussi mystérieux le trésor de l'histoire, le romancier B. Traven est né Otto Feige, mais on ignore où. Ce Mexicain qui aurait fui l’Allemagne dans sa jeunesse cultivait les noms de plume, comme pour mieux brouiller les pistes. On retrouve ce sens de la dissimulation dans l’ouvrage qui a inspiré à John Huston son scénario. Selon la légende – et les investigations du journaliste Luis Spota – B. Traven aurait lui-même pris part à l’adaptation du Trésor de la Sierra Madre . S’il a reconnu avoir contribué à au moins neuf adaptations, l’écrivain a pris soin de 'signer' celle-là sous deux noms d’emprunt ( Hal Croves et Torsvan ). Ajoutant à la confusion, sa veuve évoquera un troisième alias à sa mort. Bien sûr non-crédité au générique, B. Traven est indirectement à l’origine d’une chasse au Traven menée par ses lecteurs. En dépit des zones d’ombre qui pèsent sur sa personne, l’œuvre de B. Traven permet de comprendre qui il était véritablement : un défenseur des laissés-pour-compte .

Figurant au top 250 des meilleurs films de tous les temps selon IMDb et doté de 4.1 étoiles spectateurs et 4.5 étoiles presse sur Allociné , Le Trésor de la Sierra Madre est surtout inscrit au registre de la Bibliothèque du Congrès . Retrouvez-le au sein du coffret DVD Blu-ray™ John Huston. Disponible en cliquant ici.

Il comprend :

  • Le Faucon maltais
  • Key Largo
  • Le Trésor de la Sierra Madre
  • Reflets dans un œil d’or

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