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Cake : Quand les acteurs jouent des rôles de composition

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Cake : Quand les acteurs jouent des rôles de composition

Méconnaissable dans Cake, Jennifer Aniston donne une belle leçon de cinéma à ses pairs en se glissant, avec une désarmante sincérité, dans un rôle aussi exigeant qu’éloigné de son registre habituel. Sous les traits de Claire Bennett – quadra désabusée et déboussolée – elle livre une performance d’actrice qui a bluffé la critique et qui lui a valu d’être citée aux Golden Globes dans la catégorie Meilleure actrice. Une belle reconnaissance pour cette comédienne qui avait remporté le fameux trophée en 2003, pour son rôle de Rachel dans Friends, le personnage qui l’a révélée au grand public et dont elle reste indissociable. Devant la caméra de Daniel Barnz, la star dévoile une facette encore inconnue de son jeu et prouve qu’elle a plus d’une corde à son arc en faisant, par la même occasion, son baptême du cinéma indé. Comme elle, d’autres grands noms du cinéma se sont essayés à l’art – délicat – du rôle de composition. Focus.

Se définissant comme un rôle où l’acteur ne se reconnait pas, le rôle de composition désigne généralement un type de personnages éloignés du registre habituel d’un acteur. Une prise de risques observée avec d’autant plus d’attention par la presse et le public, qu’il permet d’initier un changement de cap dans une carrière jusque-là dédiée à la comédie ou, inversement, au drame. Si l’histoire du Septième Art démontre que le rôle de composition est une porte d’entrée idéale pour s’illustrer à Hollywood, se glisser dans la peau d’un personnage antagoniste à soi ne se fait pas sans mettre son image en péril. D’aucuns diront que la sécurité est préférable à une filmographie éclectique, mais les palmarès honorent davantage l’audace artistique.

Un constat qui sied à Jennifer Aniston, puisqu’elle n’a pas hésité à briser son image glamour le temps d’un drame intimiste au sujet duquel elle confiait en interview : « Le voyage de cette femme est déchirant mais tellement exaltant. Malgré son traumatisme, elle tente de garder la tête sur les épaules, ce qui la rend attachante ». Dans la même veine, Sandra Bullock a aussi fait le pari d’apparaître à l’écran sans fard et les cheveux coupés à la garçonne sous son casque de spationaute dans Gravity (2013). Dérivant à travers l’immensité du cosmos dans ce huis-clos sans pareil, l’ex-Miss Détective a laissé tous ses repères de côtés pour faire confiance à Alfonso Cuaron et le suivre dans l’aventure. Un pari gagnant, au vu du triomphe public et critique suscité par le film, qui réalise l’exploit d’accumuler plus de 200 récompenses à ce jour, dont 7 Oscars.

Ayant accepté d’arborer une coupe encore plus courte que Sandra Bullock pour devenir la Furiosa de Mad Max : Fury Road (14 mai), Charlize Theron est méconnaissable dans les premières images du film. Cheveux à ras et maquillage charbonneux sur les yeux, l’actrice rebat une nouvelle fois les cartes en dévoilant un visage qu’on ne lui connaissait pas. Si Monster (2003) et son Oscar de la meilleure actrice ont posé les jalons de cette métamorphose, Charlize Theron affectionne tout particulièrement les rôles de composition, comme elle l’a prouvé avec L’Affaire Josey Aimes (2005) en campant une femme minière, ou en prêtant ses traits à une inspectrice au caractère bien trempé pour Dans la vallée d'Elah (2007).

Sur un mode résolument plus décalé, Josh Brolin incarne un personnage si inclassable dans Inherent Vice (toujours à l’affiche) qu’on a peine à le reconnaître dans le costume de l’inspecteur Bigfoot. Une savoureuse interprétation, au sujet de laquelle Paul Thomas Anderson ne tarit pas d’éloges, soulignant en entretien : « Josh [Brolin] a trouvé le moyen de rendre l’Inspecteur Bigfoot à la fois drôle et un peu triste ». Véritable vivier de rôles de composition, la saga Harry Potter a, quant à elle, permis à bon nombre de comédiens de dévoiler un visage inédit, à l’instar de Maggie Smith qui, avant de revêtir le costume de sorcière de la Pr. McGonagall, s’était principalement illustrée dans des rôles de femmes bourgeoises. Non moins méconnaissables, Emma Thompson en Pr. Trelawney et Timothy Spall en Peter Pettigrow donnent également le change.

Brouillant les pistes depuis quelques années en campant des policiers au cinéma, JoeyStarr fait un nouveau pied de nez aux textes anti-flics qui ont fait la renommée d’NTM, en incarnant l’agent Milo Cardena de Colt 45 (2014). Un policier oui, mais un policier un brin ripoux, comme s’en apercevra le jeune Vincent (Ymanol Perset)… Bien qu’il ait dévoilé un jeu sensiblement dramatique dans Breaking Bad, Bryan Cranston est, de son côté, resté l’inénarrable père de Malcom pour toute une génération de spectateurs, qui l’ont connu à travers la sitcom satirique. Faisant partie de ces aficionados, Gareth Evans avait expliqué avoir fait appel au comédien pour Godzilla (2014) car, en le voyant jouer dans Malcolm, il s’est dit qu’il « serait phénoménal dans un rôle dramatique ».

Enfin, s’il est une catégorie dans laquelle le rôle de composition prend tout son sens, c’est celle du passage d’un acteur affilié aux rôles de 'gentils', qui fait un virage à 180° en devenant le 'méchant' de l’intrigue. Les exemples sont légion, à l’image de Matt Damon qui a franchi la ligne jaune à plusieurs reprises avec Le Talentueux M. Ripley (1999), Les Infiltrés (2006) ou, plus récemment, Interstellar (2014). Avec ses traits juvéniles et son regard clair, Eddie Redmayne – que les rumeurs annoncent au casting des Animaux Fantastiques (2016) – a aussi créé la surprise en devenant le Balem de Jupiter : Le destin de l'Univers (2015) pour les Wachowski. De même et en dépit d’un rôle de 'vilain' dans Chappie, Hugh Jackman s’apprête à embrasser les dogmes de la piraterie, en interprétant le redoutable Barbe Noire de Pan, prochain film en costumes de Joe Wright, dont la sortie française est fixée au 15 juillet prochain.

Pour découvrir l’incroyable performance de Jennifer Aniston dans Cake, rendez-vous au cinéma sans plus attendre !

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