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La Horde sauvage court toujours 50 ans après sa sortie

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La Horde sauvage court toujours 50 ans après sa sortie

Porté à l'écran par une bande de "gueules" inoubliables (William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmond O'Brien, Emilio Fernandez, Albert Dekker…) et mis en scène par le réalisateur maudit Sam Peckinpah, La Horde sauvage (The Wild Bunch, en VO) fête cette année ses 50 ans. Retour sur un chef d'œuvre.

Amis jusqu'à la mort

Texas, 1913. Pike Bishop (William Holden) est un malfrat en fin de carrière, entouré de fidèles lieutenants avec lesquels il échafaude le braquage d'un bureau de chemin de fer où sont stockés des pièces d'argent. Mais ces truands vieillissants n'ont plus la forme d'antan et ils sont pris en embuscade par Deke Thornton (Robert Ryan), ancien allié de Pike devenu chasseur de primes au service de la compagnie ferroviaire. Le cambriolage se passe mal, plusieurs assaillants et de nombreux civils sont tués et Pike parvient à s'échapper de justesse.

William Holden (Pike) dans La Horde Sauvage

Pike et ses amis survivants doivent trouver refuge, ils cherchent alors à s'échapper au Mexique pour une dernière mission. Commence alors un long trajet semé d'embûches, au long duquel ils sont traqués par Deke et ses hommes. Une fois le Rio Grande et la frontière passés, ils rencontrent le terrible général Mapache, meneur d'un groupe militaire à la solde de la contre-révolution mexicaine. Sur ses ordres, Pike et sa horde attaquent un train pour voler son chargement d'armes, dont une mitraillette qui finit par tomber dans les mains de Mapache, en échange d'une cargaison d'or.

L'attaque du train dans La Horde sauvage

Le dernier acte du film est un règlement de comptes inoubliable pour ceux qui l'ont vu, d'une violence inouïe. Angel, jeune Mexicain membre de la Horde sauvage, est fait prisonnier par Mapache et torturé avec une grande cruauté. Cernés par la bande de Deke et déstabilisés par le sort réservé à leur ami, Pike et les compagnons qui lui restent essaient de nouer un accord avec Mapache. Mais celui-ci finit par exécuter Angel, ce qui déclenche chez Pike une soif de vengeance dans laquelle il entraîne ses alliés. Malheureusement, leurs revolvers ne font pas le poids face à une mitraillette et le film se termine dans un bain de sang dont très peu de personnages sortent vivants.

Un western pas comme les autres

Il y a un avant et un après La Horde sauvage. Le western, genre typiquement américain, est né quasiment en même temps que le cinéma et a connu un grand succès au milieu du XXe siècle, avec les films de John Ford notamment, et les cowboys vertueux incarnés par John Wayne, Gary Cooper ou Burt Lancaster. Avec un scénario hyper violent signé Walon Green, la morale douteuse des personnages et la fin en forme de "unhappy end", Sam Peckinpah a soudainement démontré à l'écran la brutalité de cette période historique et ouvert une nouvelle ère pour le western. Finis les cowboys au comportement chevaleresque, finis les truands plus ridicules que méchants, place aux anti-héros. "Ses personnages sont sans pitié et la majeure partie du récit a pour but de ne laisser aucun doute là-dessus", comme l'écrivait Libération. En effet, aucun des comportements de Deke et sa bande ne devrait émouvoir le spectateur, pourtant leur destin funeste est bouleversant.

Au centre, Emilio Fernandez (Mapache) dans La Horde sauvage

"J’ai fait ce film […] parce que j’étais très en colère contre toute une mythologie hollywoodienne, contre une certaine manière de présenter les hors-la-loi, les criminels, contre un romantisme de la violence […] C’est un film sur la mauvaise conscience de l’Amérique", a déclaré Sam Peckinpah à Bertrand Tavernier pour la revue Combat en 1969, au moment de la sortie du film. Les cinéphiles n'ont cessé d'analyser le sens et la portée de La Horde sauvage, qui a inspiré tous les cinéastes après lui, dont Quentin Tarantino entre autres. "Entre John Ford et Sergio Leone, le film de Peckinpah allie virtuosité de mise en scène et brutalité furieuse. En témoigne la scène de fusillade finale, sommet du genre souvent copié, jamais égalé", résume ainsi AlloCiné.

Même à ceux qui ne l'ont pas vu, la "horde sauvage" dit quelque chose. Le succès du film a rendu son titre populaire, au point qu'il est passé dans le langage courant. Cette expression était à l'origine l'appellation donnée à un groupe de hors-la-loi au Far West, au tournant du XXe siècle. Cette association de malfaiteurs, spécialisée dans l'attaque de trains, était dirigée par Butch Cassidy, qui inspirera également des films. Dans Mon nom est Personne, avec Terence Hill, le héros appelle ses ennemis "la horde sauvage", et une séquence dans un cimetière fait apparaître à l'écran une pierre tombale sur laquelle est gravée le nom de Sam Peckinpah. Enfin Wild Bunch est le nom d'une société de distribution cinématographique, fondée entre autres par le producteur français Vincent Maraval, à qui l'on doit plusieurs succès de ces dernières années comme The Artist. Un remake de ce grand classique qu'est La Horde sauvage est annoncé pour 2021, réalisé par Mel Gibson.

Régulièrement rediffusé à la télévision et sur les bouquets de cinéma, le film est aussi disponible en VOD sur la plupart des plateformes, en DVD et en Blu-Ray. Retrouvez le également dans le coffret 10 Westerns, avec Pale Rider, Impitoyable, Rio Bravo, Les Cheyennes, Josey Wales hors-la-loi, La Conquête de l'Ouest, La Prisonnière du désert, Jeremiah Johnson et L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford.

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