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Brooklyn Affairs : les coulisses de tournage du thriller d’Edward Norton

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Ce mercredi 4 décembre sort en salles Brooklyn Affairs, de ET avec Edward Norton. Un thriller aussi captivant qu’esthétique, se déroulant dans le New York des années 50. Plongez dans les coulisses du tournage de ce long-métrage.

Du livre au grand écran

Edward Norton et Jonathan Lethem, sur le tournage de Brooklyn Affairs.

Dévoilé ce 4 décembre au cinéma, Brooklyn Affairs hante pourtant l’esprit de son réalisateur depuis près de vingt ans. C’est en effet à l’aube des années 2000 qu’Edward Norton a découvert Les orphelins de Brooklyn, roman de Jonathan Lethem bouleversant les codes du polar. Le comédien révélé dans American History X et Fight Club s'est d’emblée passionné pour son narrateur, mais n'a pu s'empêcher de contourner les règles habituelles d'une adaptation cinématographique. Il a en effet décidé de plonger Lionel dans les années 50 et plutôt que dans les années 90 et, par conséquent, lui imaginer des péripéties différentes du livre. Lorsque Norton a contacté Lethem pour lui évoquer son idée, il savait qu'il risquait d'essuyer un refus catégorique de l'auteur. Pourtant, ce dernier s'est montré très ouvert à cette proposition. Conscient de sa chance, le cinéaste a mené d'importantes recherches et a retouché le scénario plusieurs fois durant la décennie qui a suivi, avant de s’atteler au tournage, avec un regard avisé porté sur la musique.

Quand le jazz est là

Edward Norton, dans Brooklyn Affairs.

Pour la bande-originale, Norton a réuni un trio tout à fait inhabituel pour donner naissance à une partition contribuant à l'atmosphère très particulière du film. Le compositeur Daniel Pemberton (Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur, Ocean’s 8) a allié la liberté du jazz aux sonorités électro. Wynton Marsalis, trompettiste de légende et ami de Norton, s'est produit avec un orchestre pour les scènes de club. “J'entretiens une relation intime avec Wynton qui est bien antérieure à l'époque où on s'est rencontrés parce que j'écoute ses disques depuis longtemps, explique le réalisateur. C'est l'un de mes musiciens préférés.” Enfin, Thom Yorke, leader de Radiohead et autre ami de Norton a écrit une chanson originale nommée Daily Battles et où l'on entend les accords de Flea, membre des Red Hot Chili Peppers. "Thom m'a envoyé cette ballade et je me revois en train de l'écouter pour la première fois, assis sur mon lit à 6 heures du matin, en larmes”, confie Edward Norton. Le réalisateur n’a pas voulu toucher à cette version, si bien que c’est la bande-démo que l’on entend dans le long-métrage. Si elle nous plonge dans les clubs de jazz de New York et instaure un climat sombre et mystérieux, la musique s’impose aussi comme l’équivalent sonore de l’esprit de Lionel, générant un flot ininterrompu de réflexions et d’émotions. “J'ai demandé au saxophoniste Tom Challenger de me faire écouter les sonorités inhabituelles qu'il pouvait obtenir sur son saxophone. Et puis, j'en ai fait des boucles de style électro, explique Daniel Pemberton. Je lui ai aussi demandé de me jouer quelques notes, j'ai ensuite ralenti le tempo de ces notes au maximum et je les ai déformées afin qu'on obtienne une sonorité très étrange, presque comme une corne de brume, mais pas totalement identifiable. J'adore le fait qu'on ne puisse pas reconnaître les sons, surtout dans un film imprégné de mystère.

Gare aux décors

Les décors de Brooklyn Affairs.

Pour les décors, Edward Norton voulait mettre au point une esthétique capable de plonger le spectateur au cœur d’une ville où les modes de vie traditionnels sont dépassés par les ambitions et les obsessions d’une nouvelle époque. Pour ce faire, il a réuni une équipe cinq étoiles à qui il a présenté son carnet de tendances compilant plus de dix ans de recherches.J’ai tourné avec la caméra Arri Alexa, que j’ai utilisée avec des objectifs Cooke Panchro classiques à l’ancienne, pour obtenir un très beau rendu cinématographique, mais avec tous les avantages d’un tournage en numérique”, explique Dick Pope, le directeur de la photo. La cheffe-décoratrice Beth Mickle a de son côté arpenté New York à la recherche de lieux caractéristiques et méconnus. “Avec Edward, on voulait éviter les éternels tons sépias du passé et privilégier plutôt une vision sans concession du New York des années 1950”, rappelle-t-elle. La quasi intégralité du tournage s’est déroulée à Brooklyn, en particulier dans Vernon Street, à Bedford-Stuyvesant. Les rues ont été parsemés de voitures rétro des années 50, 40 et 30, choisies avec soin par Tommy Janulis.

Le superviseur d’effets visuels Mark Russel a relevé le défi improbable - dont Edward Norton rêvait depuis longtemps - de reconstituer la gare de Penn Station dans le style Beaux-Art, détruite en 1964.C’était très émouvant de recréer l’un des plus grands chefs-d’œuvre à jamais disparus de l’architecture américaine”, déclare-t-il. Ces scènes ont été tournées dans les Grumman Studios de New York, dans lesquels Beth Mickle a construit un stand de cireur de chaussures, des bancs et des consignes, tandis que Dick Pope a créé un éclairage imitant les immenses vitres de la gare. Les acteurs jouaient devant un fond vert géant, où Penn Station a véritablement été ressuscitée. Grâce à la technologie révolutionnaire NCam, qui permet de composer un arrière-plan numérique en temps réel pendant le tournage, les comédiens pouvaient apercevoir une prévisualisation de Penn Station pendant qu’ils jouaient.

Us et costumes

Brooklyn Affairs, les costumes.

Tout comme pour les décors, Amy Roth, la cheffe costumière, a représenté tous les styles vestimentaires des années 1950, des plus distingués aux plus communs, entre les rues populaires et les sommets du pouvoir. Dès l’instant où Edward Norton a découvert les ressemblances entre son propre carnet de tendances et celui d’Amy Roth, leur collaboration était lancée. “On s’est tout de suite compris”, confirme Amy Roth. On était vraiment sur la même longueur d’onde en matière de référence – c'en était presque étrange. On n’avait pas vraiment besoin de parler pour se comprendre.” Elle s’est pourtant heurtée à un obstacle : le tournage d’un autre film situé à la même époque avait commencé peu de temps avant, et avait mobilisé tous les costumes des années 1950 disponibles à New York. Elle a donc choisi de créer ses costumes. Elle devait avoir les tenues en double ou en triple, et dans le cas de Frank Minna (Bruce Willis), en sept exemplaires pour les différentes cascades pour la scène d’ouverture. Elle a aussi eu l’occasion de concevoir les vêtements froissés et trempés de sueur d’un groupe de jazz des années 1950, et a aussi créé sur mesure chacune des jupes, chemisiers, chapeaux et robes, ainsi que la veste bleue emblématique de Laura Rose, incarnée par Gugu Mbatha-Raw. Une actrice qui a dû suivre un rituel bien connu des femmes des années 1950 : passer 45 minutes sous un sèche-cheveux : “À l’époque, les femmes afro-américaines et métisses n’acceptaient pas vraiment leur chevelure naturelle. Elles essayaient de ressembler à Marilyn Monroe, bien qu’elles aient des cheveux afro”, remarque la comédienne. Un travail de longue haleine, donc, qui se ressent dès les premières minutes du captivant Brooklyn Affairs, à découvrir dès le 4 décembre.

Brooklyn Affairs, d’Edward Norton, avec Bruce Willis et Gugu Mbatha-Raw, au cinéma le 4 décembre.

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