Les créateurs de cette nouvelle version procédèrent à un certain nombre de changements en commençant par donner au voyageur un nom : Alexander Hartdegen, puis un visage - celui de l'acteur australien Guy Pearce.

David Valdes :
"Nous avions tous admiré son travail sur PRISCILLA, FOLLE DU DÉSERT et L. A. CONFIDENTIAL, et plus encore dans MEMENTO, dont nous avions eu des échos très favorables. Sitôt après avoir visionné ce film, nous avons décidé d'engager Guy."

Guy Pearce :
"Voyager dans le temps, c'est l'évasion suprême. Imaginer l'avenir, se réfugier dans le passé est toujours plus facile que d'affronter les problèmes de la vie. Pour Alexander, l'exploration du temps est une expérience d'une grande intensité. Il ne sait pas encore ce qui l'attend lorsqu'il monte dans sa machine, il sait seulement qu'il n'a pas sa place dans le présent… un sentiment que nous éprouvons tous à certaines étapes de notre vie. Mais Alexander va bien plus loin que nous autres : grâce à son invention, il rend tangible ce qui n'existe plus - le passé - et ce qui n'existe pas encore - le futur…"

Simon Wells :
"Guy Pearce était un excellent choix parce qu'il dégage un certain intellectualisme, associé à un physique de héros hollywoodien. Cela lui a permis de couvrir tout l'éventail de son personnage, en passant graduellement du savant en chambre à l'intrépide aventurier."

Walter Parkes :
"Au départ, Alexander et un matheux, un intello confiné dans un monde abstrait. Son voyage sera une source d'épanouissement affectif, une libération émotionnelle."

L'audacieuse entreprise d'Alexander a, dans cette nouvelle version, un mobile plus personnel que scientifique.

John Logan :
"Nous avons pensé qu'il serait plus excitant pour le spectateur actuel de voir Alexander confronté à un traumatisme émotionnel. C'est la perte de sa fiancée Emma qui le pousse à inventer cette machine, dans un effort désespéré pour remonter le cours du temps et en altérer le déroulement."

Pendant quatre ans, Alexander s'enferme donc dans son bureau, avec pour seuls interlocuteurs son meilleur ami, Philby (Mark Addy), et sa fidèle gouvernante, Mrs. Watchit (Phyllida Law). Une fois en possession de sa machine, il se lance dans son premier voyage, et découvre avec horreur que le passé est immuable. Il décide alors de se rendre dans le futur. En l'an 2030, il rencontre Vox (Orlando Jones), un hologramme omniscient. Mais avant qu'il puisse regagner son époque, un cataclysme le projette en l'an 800 000, au sein de la tribu des Elois, où il lie connaissance avec la belle Mara et son jeune frère, Kalen.

Le casting de Mara prit plus de quatre mois car les producteurs souhaitaient à la fois une inconnue et une actrice dont les traits pourraient évoquer notre très lointain avenir.

David Valdes :
"Pour extrapoler notre look dans des dizaines de milliers d'années, il suffit d'examiner ce qui se passe en ce moment, les mélanges ethniques, les croisements de cultures dans un monde chaque jour plus étroit. Mara devait avoir quelque chose d'exotique, et nous avons lancé à sa recherche pas moins de cinq directeurs de casting à Sydney, Londres, New York, Los Angeles et la Jamaïque. L'opération a débuté en septembre. À la fin janvier, nous étions toujours bredouilles, alors que le tournage devait démarrer le 5 février!"

C'est à la même époque que la directrice de casting Mindy Martin auditionna la jeune chanteuse irlando-zambienne Samantha Mumba, sur le point de percer aux États-Unis après une série de "hits" en Grande-Bretagne.

Walter Parkes :
"Ma femme Laurie et moi avons été éblouis par son bout d'essai. Nous n'avions pas la moindre idée qu'elle était déjà une pop star (c'est notre fille qui nous l'a appris), et pouvions difficilement croire qu'elle n'avait encore rien tourné tant elle était naturelle."

Simon Wells :
"Samantha n'a cessé de nous surprendre par sa capacité à exprimer les émotions les plus subtiles. Elle s'est donnée en permanence à cent pour cent."

Samantha Mumba :
"J'ai cru rêver le jour où l'on m'a dit que j'avais décroché ce rôle merveilleux. Quel plaisir de jouer cette fille si forte, si sage, en dépit de sa jeunesse!"

Mais les gentils Elois ne sont pas ce que l'on pourrait attendre de nos lointains descendants. Les membres de cette tribu primitive et pacifique vivent dans la terreur des Morlocks, créatures cannibales qui leur font une chasse féroce. Des siècles d'évolution ont séparé ces prédateurs en deux castes distinctes : les espions et les chasseurs, que conduit le terrifiant "Über-Morlock".

Les admirateurs du roman penseront peut-être que ce monstrueux leader, dont le nom fait écho au concept d''"übermensch" développé par Nietzsche, est une pure invention de Logan. Il n'en est rien, ainsi que l'explique Simon Wells :
"Cerveau de cette société, l'Über-Morlock en manipule les esprits à son gré. Welles abordait cette idée de domination dans une des premières moutures de son roman, mais l'élimina de la version finale. Nous avons choisi quant à nous de la réintroduire, quoique sous une forme différente."

David Valdes :
"D'apparence plus humaine que ses sujets, l'Über-Morlock devait être à la fois terrifiant et fascinant. Peu d'acteurs réunissent ces qualités. Jeremy Irons fut notre premier choix."

Jeremy Irons :
"Le personnage était à l'origine un méchant pur sucre, mais j'ai toujours envie de mettre en valeur les bons côtés des salauds et la face d'ombre des gentils. L'Über-Morlock a dans ce film une fonction précise, mais nous avons tenté de pousser les choses dans une direction inattendue, d'amuser les spectateurs, de les mettre mal à l'aise, de les faire s'interroger sur leurs propres valeurs et sur celles du héros, sur sa quête, sur la futilité de celle-ci, et peut-être aussi sur la futilité de la condition humaine. Au fil du tournage, nous avons été tour à tour amusés et horrifiés par ce personnage. Ce fut en tout cas pour moi une remarquable expérience d'y travailler avec cette brillante équipe."

Partant des dessins de Simon Wells, le chef maquilleur Stan Winston décida de doter le chef Morlock d'"un visage totalement animatronique, avec des yeux, des lèvres, des mâchoires et un front très expressifs."

Les têtes des espions et chasseurs Morlocks furent conçues dans le même esprit et commandées chacune par une batterie de trente servomécanismes nécessitant trois manipulateurs. Les costumes de mousse synthétique, réalisés à partir de moulages, puis colorés et recouverts de touffes de poils, pesaient environ 27 livres.

Jeff Imada (Chef cascadeur) :
"Un costume prosthétique est un challenge physique pour celui qui le porte. Aux problèmes de respiration, de confinement et de transpiration s'ajoutent les privations sensorielles, puisque vous ne disposez plus de vos mains et ne voyez le monde qu'à travers un petit moniteur en noir et blanc qui altère radicalement les perspectives."

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  • À LA RENCONTRE DU FUTUR •

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